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Bloom : un projet français qui ambitionne de rivaliser avec Google
Proposer un Google libre et open source, c’est le pari fou que s’est donné un développeur français. À première vue, on croirait qu’on parle là du développement d’un moteur de recherche open source ; après tout, le fer de lance de Google est la recherche en ligne. Mais au fur et à mesure qu’on découvre Bloom, on se rend compte que Sylvain Kerkour cherche plutôt à offrir une alternative à une panoplie d’applications du géant américain.
Dans un très long manifeste publié sur son blog, le développeur expose son ‘master plan’ ainsi que les raisons fondamentales qui l’ont poussé à se lancer dans ce projet. Tout d’abord, le développeur est exaspéré par les nombreux défis auxquels fait face notre monde aujourd’hui. La pollution, la surconsommation, les inégalités sociales, le chômage… autant de crises majeures que l’auteur estime qu’elles ne seront résolues que par le partage.
L’auteur s’oppose aussi fermement à « la volonté de renforcer le droit de la propriété intellectuelle », qui conduit à des aberrations et à autant de dérives des ayants droit.
« Nous pensons que l’open source est la seule voie pour construire un monde durable. » Cette désignation, la même adoptée par GNU/Linux, est selon l’auteur la seule solution susceptible de se débarrasser de toute forme de bureaucratie qui fait entrave à la résolution de problèmes.
L’open source favoriserait l’émergence d’intérêts composés, d’organisations distribuées et une coopération mondiale, autant de conditions nécessaires pour un monde durable. En plus, l’auteur fustige l’imposition « de limites artificielles » sur l’éducation, considéré comme le pilier de toutes les avancées technologiques. L’open source profite largement à l’éducation, en contribuant à la réduction des coûts, l’amélioration de la qualité et en permettant d’étudier librement les systèmes existants.
L’auteur montre aussi sa préoccupation vis-à-vis de l’accès libre aux données. Si effectivement la donnée est comparée au pétrole, il n’en demeure pas moins qu’elle reste contrôlée par de grandes entreprises et est utilisée à des fins nuisibles à l’image du scandale de Cambridge Analytica. D’où l’intérêt d’un accès libre, facile et ouvert aux données pour garantir la transparence totale, car « sans transparence, il n’y a pas de vie publique, pas de confiance possible, société stable. La transparence est le fondement même du contre-pouvoir ».

